A Cannes, la mairie interdit l'accès aux plages aux femmes portant un burkini

La mairie LR de Cannes a pris un arrêté depuis 15 jours pour interdire l'accès aux plages aux femmes portant des burkinis. La mairie invoque un risque de "trouble à l'ordre public". Le directeur général des services estime pour sa part qu'il s'agirait d'un "signe d'adhésion au djihadisme"...
Illustration. Femme portant un burkini en Turquie en 2007. -  CEM OZDEL/A.A./SIPA

Cela fait désormais 15 jours que la municipalité LR de Cannes a décidé d'interdire aux femmes portant un burkini - cette tenue islamique qui couvre les baigneuses des pieds à la tête, laissant seulement paraître les pieds, les mains et le visage - l'accès à la plage. L'arrêté municipal officialisant l'interdiction a été mis au jour sur Twitter le 11 août. Comme la loi française n'interdit pas le burkini ou tout autre signe religieux dans l'espace public (uniquement le voile intégral, qui cache le visage), le maire David Lisnard se justifie ainsi dans son arrêté :

"Une tenue de plage manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse, alors que la France et les lieux de culte religieux sont actuellement la cible d'attaques terroristes, est de nature à créer des risques de troubles à l'ordre public (attroupements, échauffourées, etc.) qu'il est nécessaire de prévenir."

Le trouble à l'ordre public, c'est également ce que pensait invoquer le maire des Pennes-Mirabeau pour interdire le déroulé d'une "journée burkini" dans un parc aquatique privé. Le directeur du centre aquatique avait finalement annulé de lui-même l'évènement.

A Cannes, l'arrêté en question stipule que :

"L'accès aux plages et à la baignade sont interdits, à compter de la signature du présent arrêté jusqu'au 31 août 2016, à toute personne n'ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité, respectant les règles d'hygiène et de sécurité des baignades adaptées au domaine public maritime."

Seul le burkini est visé

Une présentation vague mais qui vise uniquement le burkini, explique Thierry Mignoule, directeur général des services, à Francetv info. Il le considère sans ambage comme "un signe d'adhésion au djihadisme". Il ajoute que ce vêtement ample causerait "un problème d'hygiène" et que les sauveteurs "n'ont pas appris à sauver des gens tout habillés". Concernant les potentiels troubles à l'ordre public, il lance : "Dans ce contexte d'état d'urgence, on ne sait pas comment les gens pourraient réagir devant des tenues provocatrices."

Thierry Mignoule reconnaît également avoir vu peu de femmes en burkini depuis le début de la saison, mais carrément aucune depuis l'affichage de l'arrêté. Les agents municipaux n'ont eu à mettre aucune amende. Peu inquiet quant à la légalité de son arrêté municipal, il le compare enfin à celui interdisant aux hommes de se balader torse nu ou en maillot en centre ville...