Ces jours-ci il fait pas trop chaud alors parfois tu éteints le climatiseur et tu ouvres un peu les fenêtres de ta voiture, aussitôt remplie de bruit. Et en passant par certains endroits en dehors de la capitale, tes nerfs olfactifs sont d'un coup agressés par une odeur spéciale: le caca de mouton. Vous savez, ce sont des petites crottes noires, on dirait des olives. Une fois l'odeur arrivée au cerveau, le tilt: ça y est, c'est l'Aid. Le mouton est de sortie, pour quelques jo...urs ; ses derniers jours.

Égorger une bête, faire couler du sang, pour le plaisir d'un dieu, putain que c'est vieux comme rite des Hommes ! Et ici, ça continue. Je ne sais pas s'il y a une culture au monde qui fait encore le sacrifice rituel pour remercier une quelconque divinité. Je ne sais pas. Mêmes les hébreux, les concepteurs, je crois qu'il ne le font plus ou ne l'ont jamais fait. Pas sûr. Mais nous, si. Des millions de moutons vont partir en fumée...de  BBQ. La fête du sacrifice est sans doute le symbole suprême de notre retard psychologico-civilisationnel: "mais qu'est-ce que tu veux sacrifier à Dieu ; même s'il existe, il s'en fout maintenant, depuis le temps, il a compris !"

Rappel que ce rite fait référence à un événement du judaïsme, Dieu qui demande à Abraham de sacrifier son unique fils Ismaël (pour les premiers, les juifs, c'est Isaac), alors qu'en fait c'était juste une blague pour tester la soumission d'Abraham. Il a cours chaque année à la fin du pèlerinage de la Mecque et la Kaaba, qu'on dit construite par Abraham avec Ismaël (un vieillard de 120 ans qui fait 1500 KM à pied de Kanaan au dessert d'Arabie avec son fils de 5 ans pour construire un cube de pierre de 6 mètres de haut il y a quelques 4000 ans, non mais allô quoi, allôôô?). Au fait construite au 4 eme siècle de notre ère, mais c'est un autre sujet.

En Arabie Saoudite, on se frotte les mains et les pieds et les yeux et les narines à chaque approche de l'Aid. Minimum un million de pèlerins, de nuitées d’hôtel, de transport, et tout ce qui va avec le tourisme. Pour le sacrifice, les autorités achètent à l’Australie environ un million de moutons à raison de 50 dollars par pièce, et les revendent aux pèlerins quelques 450 dollars par pièce. De bons musulmans honnêtes, les saoudiens, c'est connu ! Ce million de mouton est égorgé dans des salles spécialisées, le dernier jour du pèlerinage. Les pèlerins rentrent chez eux, les autorités saoudiennes récupèrent la viande qu'elle revendent aux boucheries. Pour les saoudiens, même lorsqu'il n'y aura plus de pétrole, il y aura toujours le sang du mouton.

Moi, pendant ces journées rouges d’hémoglobine, même en n'étant pas végétarien, c'est régime pain et fromage. Pas de "vache qui rit", ça me fait penser au "mouton qui pleure".

_sig

texte de la page facebook "Athées algériens"