"Ce jeudi 9 février, au micro de Jean-Jacques Bourdin, Malek Boutih, député de l'Essonne et proche de Manuel Valls, a rappelé à Benoît Hamon ce qui les sépare : leur rapport à la laïcité.

Malek Boutih n'a pas l'habitude de mâcher ses mots. Mais invité ce jeudi 9 février sur RMC et BFMTV au micro de Jean-Jacques Bourdin, le député de l'Essonne s'est trouvé gêné aux entournures quand il a été interrogé sur son soutien à Benoît Hamon pour l'élection présidentielle. Lui avait en effet soutenu Manuel Valls lors de la primaire organisée par le PS, et qui avait eu la dent particulièrement dure avec son rival victorieux, élude aujourd'hui : "C'est à lui de faire ses preuves. Si sa ligne est la meilleure, ce sera démontré à ce moment-là". Et si ce n'est pas le cas ? "Je vais le laisser faire sa campagne tranquillement"…

C'est qu'entre les deux hommes, il y a un contentieux qui n'a toujours pas été soldé : la laïcité. Dans la dernière ligne droite avant le second tour de la primaire, Malek Boutih avait tiré au gros calibre contre le candidat du revenu universel. Dans les colonnes de 20 minutes, il avait lancé cette terrible charge :

"Benoît Hamon est en résonance avec une frange islamo-gauchiste et fait un appel du pied électoral. (Lui) et ses amis sont dans une dérive identitaire lorsqu’ils justifient des comportements non-républicains. Ils sont absorbés par des termes et des concepts importés par des islamistes."

Plus apaisé ce jeudi matin, victoire de Hamon oblige, Boutih ne se dédit toutefois pas sur le fond : "Quand on a un débat politique, ce n'est pas accusatoire, peut-être qu'il a entendu ce que j'ai dit. Maintenant qu'il est vraiment candidat à la présidentielle, il va se rendre compte que la question de la laïcité en France, c'est une vraie question. Peut-être que lui aussi va évoluer dans son discours. En tout cas, je l'y encourage."

"La laïcité, c'est ce qui protège la République"

Et si par hasard, des camarades de Hamon se trouvaient devant leur poste, Malek Boutih leur a rappelé sa conception de la place de la laïcité au sein de l'édifice républicain. "Il y a beaucoup de gens en France qui rajoutent un adjectif à la laïcité : souple, cool, machin…", commence-t-il. Avant de lâcher d'une voix solennelle :  

"Moi je vais vous dire une chose : la religion amène la guerre. Voilà !"

Le député socialiste en est persuadé, "si on laisse la religion, les religions prendre le devant dans le débat politique, alors on va à la guerre civile. Donc la laïcité, c'est ce qui protège la République (...) Dans tous les pays où la religion est devenue un thème central de la vie politique, la violence est apparue." Et de prévenir, ses camarades : "Moi je défendrai coûte que coûte la laïcité." "

lu sur le site de Marianne.fr