"Quelques mots encore de la laïcité. Elle était notre référence. Elle l'est demeurée. Ma mère, athée comme je le suis moi-même, continue d'incarner à mes yeux le paroxysme de la bonté. Pour autant, je ne méconnais pas l'aide que peuvent apporter les religions aux croyants et je conserve, avec admiration, le souvenir de ces jeunes Polonaises que la vie du camp avait déjà réduites à un état quasi squelettique et qui s'obstinaient pourtant à jeûner le jour de Kippour. A leurs yeux, le respect des rites avait plus d'importance que leur survie. J'en demeure impressionnée."

Simone Veil "Une vie"

édition Le livre de Poche, 7,60€, page 16.