texte de Paul Ach.

"Ce matin, j'ai assisté à une Audience de la Cour d'Assises Spéciale chargée de juger le frère de "la hyène sanguinaire" et un complice.
Je ne cite pas les noms, car un nom est réservé à un Être Humain, et ces 2 là ne font pas partie de l'Espèce Humaine.
La Cour d'Assises Spéciale est amenée à juger les Crimes Terroristes. Elle n'est composée que de magistrats et il n'y a pas de Jury Populaire.

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Le Premier à s'avancer vers la Barre est Monsieur Samuel Sandler, le Père de Jonathan et le Grand-Père d'Aryeh et Gabriel, 3 des 7 victimes de "la hyène sanguinaire".
Le Président lui rappelle qu'il n'a pas à prêter Serment.
Cet Homme est d'une dignité qui force le Respect.
Il commence par raconter une Histoire de son Enfance et finit par ces mots : "Je pensais que plus jamais un Enfant serait tué en France parce qu'il était Juif. Hélas, je me suis trompé".
Il déclare, que pour Lui, le frère de la "hyène sanguinaire" était "le maitre à penser" de l'assassin. il utilise une expression pour désigner l'Assassin : c'était un "Eichmann de quartier" et rappelle ce qui est arrivé à Eichman. Il explique que son Fils, zal, "voulait rendre à l’École ce qu'elle Lui avait donné". Il évoque ses relations avec ses Petits-Enfants et déclare, en évoquant Gabriel qui avait 3 ans : "Comment peut-on exécuter un Enfant qui a une sucette dans la bouche ? c'est le Mal Absolu".
Puis, il quitte la Barre et revient s'asseoir avec les Parties Civiles.

Le Président appelle Monsieur Nicolas Ranson à la Barre.
Ce dernier se lève et avance péniblement.
Le Président lui rappelle qu'il n'a pas à prêter Serment.
Monsieur Ranson commence à raconter cette journée du 19 mars 2012.
Monsieur Ranson rappelle qu'un de ses Oncles a été une des Victimes de l'Attentat de la Rue des Rosiers, à Paris, le 9 aout 1982.
Il allait à la Synagogue de l'Ecole, en compagnie de son Fils, pour prier. Tout d'un coup, une Personne a fait irruption dans la Synagogue en criant : "Ça tire dans la cour !".
Quand Monsieur Ranson et son Fils sont sortis, ils se sont trouvés face à Myriam Monsonégo et Gabriel Sandler allongés sur le sol.
Je passe sur certains détails pour ne pas ajouter l'Horreur à l'Horreur et par Respect des Morts et de leurs Familles.
Monsieur Ranson, la voix entrecoupée de sanglots retenus, a expliqué s'être penché sur Myriam et avoir pratiqué une tentative de réanimation par le "bouche-à-bouche" pendant que son Fils administrait un massage cardiaque à Gabriel Sandler tout en demandant de l'aide pour le relayer.
Les Secours sont arrivés rapidement mais ils n'ont été, hélas, d'aucune utilité.
Puis Monsieur Ranson parle de ce gout affreux qu'il avait dans la bouche : un mélange de tant de choses que je ne peux les énumérer.
Il raconte les suites de cette exécution (c'est le terme qu'il a employé) : sa dépression, celle de son Fils qui est resté cloitré pendant 3 mois dans sa chambre et ne sortant jamais de l'appartement, sa Fille prénommée Myriam qui était une Amie de Myriam Monsonégo et qui n' pu manger pendant 3 jours.
Il explique, qu'encore à ce jour, des Enfants ayant assisté aux Assassinats sont suivi par des Psychologues ou des Psychiatres.
Il explique être parti vivre en Israël pour être près de son Fils qui étudie là-bas.
Quand il quitte la Barre, les larmes coulent et il va s'asseoir.

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Albert Chennouf-Meyer s'avance, droit comme un I, il tient, sous le bras, un dossier.
Il commence par rendre Hommage aux 7 Victimes de celui qu'il qualifie de "nazislamiste".
Puis il explique ses origines "mi Kabyle - mi Alsacien" et précise qu'il a été élevé dans le Respect de la France et de ses Lois.
Il raconte cette journée du 19 mars 2012. Il bricolait tranquillement quand sa Fille Sabrina Chennouf l'a appelé et lui a dit : "Il y a du grabuge à Montauban. Regardes !". Il a allumé sa télévision et a regardé une Chaine d'Informations. En même temps, il a essayé de joindre Abel à partir de son portable : pas de réponse. Il a, alors, utilisé celui de son Epouse car Abel répondait plus facilement à sa Mère qu'à son Père : toujours pas de réponse.
Commence une attente insoutenable.
A 15 heures 30, le Colonel commandant le17ème Régiment du Génie Parachutiste appelle Albert pour lui annoncer qu'Abel a été Victime d'un Attentat et qu'il est décédé.
Albert explique que le Colonel lui a posé une question pour le moins étrange : "Abel utilisait-il des substances stupéfiantes ?".
Puis il raconte sa "dernière rencontre" avec son Fils et le Serment qu'Il Lui a fait.
Il parle de son Petit-Fils, Eden, le Fils d'Abel et de Caroline, né quelques semaines après l'Assassinat de son Père.
C'est poignant et, près de moi, des Personnes ont du mal à contenir leurs larmes.
Albert parle de Bernard Squarcini qui a tenté de le faire passer pour "un dérangé". Il continue avec cette phrase, pour décrire celui qui était surnommé "Le Squale" : "Squarcini vend du vent".
Il rappelle qu'il avait été informé que le père (petit p) de "la hyène sanguinaire" était revenu à Toulouse après les Attentats et que la seule chose qui ait été faite a été de l'expulser vers l'Algérie.
Albert pose une question : "Pourquoi ? Parce que le père de "la hyène sanguinaire" avait déclaré avoir en sa possession des vidéos pouvant "faire tomber la République" ?".
Albert déclare : "Les Assassinats de Montauban et Toulouse ont été 'la mère de tous les attentats islamistes" qui ont suivi".
Albert explique l'état de Katia, son Epouse et Mère d'Abel, qui n'a pu rentrer dans le Palais de Justice.

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Le Président appelle Monsieur Hatim Ibn Ziaten.
Celui-ci se présente à la Barre et déclare : "Je suis Hatim Ibn Ziaten, Frère Ainé d'Imad Ibn Ziaten, le première Victime de MM".
Il rappelle les échanges verbaux entre Imad, qui voulait vendre sa Moto, et "la hyène sanglante" qui a déclaré à Imad : "Tu tues mes frères en Afghanistan, je vais te tuer pour les venger. Allonges-toi !". Imad a refusé de s'allonger et "la hyène sanguinaire" lui a tiré dessus.
Hatim Ibn Ziaten déclare : "Mes Frères sont Musulmans, Chrétiens, Juifs, Bouddhistes ou Athées à condition qu'ils respectent la République et ses Lois. AM a ses propres Lois qui ne sont pas les miennes".

Paul Ach